What about taking a chance on love ?

Aujourd’ hui mal de crâne, moral à plat, lit désespérément vide… Bref une journée pourrie…Je rentre donc dans un « bouclard » enfumé aux lumières vacillantes. Un vieux piano droit sur scène, je m’installe à une table le Stetson vissé sur la tête. Je commande une bouteille de « Jack » avec la ferme intention de me la jouer « straight no chaser »…

En résumé le cadre habituel d’une soirée dans un club de jazz New-Yorkais… S’avance alors sur scène cette ravissante brune aux yeux clairs, Jane Monheit,  qui me sort de la torpeur. Elle entonne alors « Heaven, i’m in heaven… » et je m’y croit déjà ! J’espère juste danser avec elle « Cheek To Cheek »…Voici comment pourrait débuter le film, ou le plan d’un « clip » de Melle Monheit ?

Bien sûr, sa voix suave n’est pas sans rappeler celle de Peggy Lee, Sarah Vaughan, ou encore Ella Fitzgerald.  Ces « grandes » à qui on la compare souvent et dont elle avoue, sans honte s’inspirer. Malgré des racines « Old School » elle nous offre des interprétations qui dépoussièrent nos vieux vinyls ! Car revisiter ces classiques là n’est pas chose simple, et c’est haut la main que Melle Monheit passe l’épreuve.

La New-yorkaise au parcours professionnel sans faute, diplômée de la prestigieuse « Manhattan School of Music », sous l’égide de Peter Eldridge. Puis premier prix du concours vocal du Thelonius Monk Institute of Jazz, sort son premier opus  « Never Never land » à 24 ans. Premier et pas dernier, puisque non content d’occuper les charts pendant un an, elle enchaine les succès et les collaborations, John Pizzarelli, Mark O’Connor, and Larry Goldings…

C’est en 2004 qu’elle connait la consécration avec son album « Taking a chance on love », en se classant première au Billboard Jazz et en entrant au Billboard Hot 100 dès sa sortie. Cet album, quatrième opus de la demoiselle, propose des standards jazz éclatants de sincérité et d’authenticité et de vaporeuses ballades, ainsi qu’un élégant duo avec Michael Bublé sur « I Won’t Dance ». Un opus aboutit, mature, la voix est éclatante, brillante, profonde et posée, la musique moderne…

Parmi les titres qu’elle re-visite on retrouve des interprétations relevant du génie sur des thèmes très traditionnels, comme « Honeysuckle rose », « Love me or Leave me » ou encore « Over the Rainbow ». En ce qui concernent ses ballades : on peut écouter son album sans modération et, ou, les yeux fermés !! Pour cet album elle a su s’entourer de pointures, on notera la prestation époustouflante de Neil Miner à la contrebasse ou encore Mickael Kanan au piano. Ces musiciens nous proposent un swing moderne restant très abordable pour les néophytes. La synergie qui se dégage du groupe dans son ensemble, tantôt en appuyant le vocal, tantôt en appuyant les impros, donne ce coté « rétro » qui manque tant dans notre ère de musiques synthétiques. Pour les vieux briscards, je vous invite à écouter son « live at the Rainbow Room » de 2003 avec le Mark O’Connor’s Hot Swing Trio et Wynton Marsalis.

Par suite «The Season» en 2005 « Surrender » en 2007 et « The Lovers, The Dreamers, and Me » en 2009, ainsi que deux « best of », qui sont venus embellir la discographie de la « petite New-Yorkaise ».

Enfin, à  l’automne 2010 elle a de nouveau ravi nos oreilles avec « Home »  dernier opus en date qui fut présenté le 6 novembre dernier au Duc des Lombards à Paris. Cet album a promis d’être jazzy ?

“This is a project I’ve been thinking of for a long time… an album of songs and a group of musicians that are deeply important to me. There was no need to discuss what should or should not be included, or who should play….this is clearly me, from the heart. My relationships to these songs and my love for the people playing them make this album what it is.”

Affaire à suivre ! Pour l’instant la tournée se déroule uniquement aux Etats-Unis, à quand la tournée en France ?

Jane Monheit, cette chanteuse qui nous rappelle le charme et l’opulence des Pin-Up des sixties avec son « Taking a Chance on Love » nous donnes vraiment envie de croire en l’amour.

 

 

Adrian Highstreet.

 

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