Le soleil se couche sur ce superbe village corse, la scène du festival des nuits de la guitare de Patrimonio se dresse aux pieds de l’église, le public attend. Une attente justifiée quand entre Monsieur Tommy Emmanuel, qui assure la première partie de la soirée avant l’entrée de Tom Jones.
Tommy Emmanuel n’est pas forcement l’artiste que l’on connait de prime abord, mais il se trouve que cet homme est un virtuose de la guitare acoustique. Ici le public est avertit, après 22 ans d’une scène pointue, on peut dire que l’assistance faite, en grande partie, de mélomanes chevronnés, sait à quoi s’attendre. Sous ses allures bonhomme, c’est bien la première que je vois un artiste être applaudit par l’équipe technique pendant les balances et par les musiciens de la deuxième partie de soirée qui sont sortis de leur loges intrigués par tant de talent.
L’australien affiche un flegme superbe, il arrive discrètement sur scène, ces guitares en main. Il les dépose sur le portant et là on se dit qu’il va faire quelque chose de spécial. Chaque instrument est usé comme s’il avait accompagné l’artiste depuis ces débuts, comme si ces guitares avaient 30 ans de jeu derrières elles. Il en saisi une, et la magie opère.
Sur scène après quelques minutes de jeu il a conquis tout le monde, Tommy possède un savoir faire et un contact exceptionnel avec avec le public. Showman discret il joue devant 4000 personnes comme si de rien n’était. S’il n’était pas devant nous en chair et en os on pourrait croire qu’il y a plusieurs personnes qui jouent en même temps. Picking, percussion, chant, il enchaine avec désinvolture les medleys et enflamme les coeurs ! On a beau connaitre son parcours et ce dont il est capable il nous surprant encore, et laisse pantois.
Un grand monsieur de la six-cordes ! C’est imparable, c’est incomparable. Les solos, et les variantes qu’il prend transforment les chansons les plus simples en compositions mythiques. Il évolue dans tous les registres : rock, jazz, blues, pop, folk ou boogie, et bien sûr aucune fausse note ! Après chaque prestations les applaudissement et les cris redoublent.
Après un tel show il faut au moins s’appeler Tom Jones pour continuer la soirée. Et ça tombe bien puisque c’est lui qui va entrer en scène juste après. L’immense chanteur britanique, monstre sacré de la soul, à l’imposante carrière, foule à présent les planches de Patrimonio.
Il parait inutile de dire que le charisme du chanteur le précède, et que lui aussi a un savoir faire légendaire avec le public. Aucune ride à son jeu, si l’on veut croire qu’il est démodé ou suranné : c’est totalement faux. Il enchaine ses plus grands standards, en restant dans un esprit très soul, jazz, et revisite aussi quelques classiques du répertoire gospel.
Tom Jones véhicule un message remplis de joie et de simplicité, toutes les têtes portent un sourire, une sorte de communion musicale. Accompagné de cuivres éclatants, d’un orgue hammond mystique, et de choristes enjouées, Mister Jones amène un bout de Brodway en Corse ce soir. Le chanteur fait le show et ça marche !
Certains spectateurs sont pourtant resté sur leur faim, croyant qu’il chanterait le tube « Sex Bomb », mais l’esprit de ce soir n’était pas celui d’une discothèque, loin de là. L’artiste sait adapter son répertoire et préfère demander à Tommy Emmanuel de le rejoindre sur scène pour des improvisations époustouflantes, qui font de ce spectacle qu’il est unique, plutôt que de servir un titre qui n’est pas du tout le reflet de sa riche carrière.
Une représentation d’exception, en qualité et en quantité, on en ressort la fièvre au front, une fois de plus la programmation du festival à fait tourner les têtes !
Marika D.



